Trois questions à Bruno Lafon

Biganos au 21è siècle : une transition en douceur

En 25 ans, la population de Biganos a doublé. La commune, toujours aussi attractive, ne cesse de gagner de nouveaux habitants… et se trouve à la croisée des chemins : poursuivre son développement tout en conservant une qualité de vie au bord du Bassin. Il s’agit pour l’équipe en place d’anticiper la ville du futur, une ville harmonieuse où chacun aura sa place.

 

A l’aube de ce 21è siècle, Biganos a évolué : quels sont les principaux changements sur la commune ?

Le passé de Biganos est tourné vers l’industrie. La ville s’est développée avec la cellulose du pin. En même temps, c’est une commune de campagne proche des grands axes, de Bordeaux, des Landes et du Sud, qui a grandi pour devenir l’une des villes les plus importantes du Nord Bassin. Elle attire les grandes enseignes et les néo-ruraux : la population boïenne a doublé en 25 ans, nous dépassons allègrement les 10 000 habitants. Le quartier de Facture se développe rapidement autour de la gare et du pôle multimodal, les grands axes routiers sont de plus en plus empruntés, des résidences poussent, de nouveaux services naissent.

 

Quels sont les défis imposés par ces changements ?

Cette attractivité va se renforcer. La ville doit donc grandir et se structurer, mais sans perdre son âme. Nous devons nous préparer à l’arrivée de la LGV qui placera Biganos à 3h heures de Paris. L’arrivée de cette population nouvelle, plutôt urbaine, s’accompagne d’une réflexion sur l’aménagement de la ville engagée avec la Convention d’aménagement de Bourg et le projet de la ZAC. Notre credo pourrait se résumer ainsi : limiter l’étalement urbain et protéger les milieux sensibles comme la forêt et la côte.
Nous allons donc densifier le centre déjà urbanisé, et conserver le caractère plus lâche du tissu urbain des quartiers périphériques grâce à un minimum parcellaire un peu plus important. Par ailleurs, nous repensons entièrement la mobilité pour proposer des alternatives au tout-voiture. Nous voulons donner aux Boïens les moyens de changer leur comportement.

 

Comment voyez-vous Biganos dans 10 ans ?

Les aménagements urbains que nous programmons seront terminés. Le centre-ville s’étirera du quartier de Facture au cœur de Biganos, avec des bureaux, des brasseries, des petits commerce, toute une vie en journée et après 19h ! Notre commune aura gagné de nombreux habitants qui auront trouvé des logements dans la ZAC ou dans les quartiers périphériques. J’imagine que la voie rétro-littorale – la voie de contournement entre Arès et Biganos – aura fluidifié le trafic pour faire davantage de place à une ligne de transport en commun qui reliera les principales villes du Bassin. La voiture sera encore présente en ville, mais beaucoup moins : il sera par exemple possible de faire ses courses, de partir à l’école, d’aller voir un film à pied ou en vélo. Nous profiterons de la ville apaisée que nous préparons aujourd’hui. Que les Boïens se rassurent, leur commune conservera les atouts d’une petite ville de campagne au bord du Bassin, cet esprit rural qui fait notre âme, notre identité et notre force.